TÉLÉCHARGER RAIRAP MP3 GRATUITEMENT

Taille: Toute la discographie de Chaabi maroc super starles nouveaux sons et le dernier single. Minevik Heavy Industry, in the last 30 years of its development process, has formed a unique and content-rich corporate culture. Cheb Mustapha — Ana Lmaghboun Ana. Précédent 1 2 3 4 5 Suivant Sélectionne une page: Ecouter la musique marocaine — music chaabi — music rai — music arabe Modifié le jeudi 31 mai Son profil Rai-Rap 37 ans Paris 75 France. Ecouter la musique marocaine — music chaabi — music rai — music arabe Modifié le vendredi 25 août Obtenir des infos en relation avec de votre demande.

Nom:rairap mp3
Format:Fichier D’archive
Système d’exploitation:Windows, Mac, Android, iOS
Licence:Usage Personnel Seulement
Taille:61.58 MBytes



La musique comme aménagement du poste de travail dans un atelier de montage automobile Introduction : le problème de la musique en milieu industriel L''atelier de montage de l''usine de Flins produit un son particulier.

Ce qui frappe tout d''abord, c''est le brouhaha continu des machines. En tendant l''oreille, on saisit quelques éléments qui se détachent du vacarme indéterminé dans lequel baigne l''atelier. Le premier élément, ce sont les cris des opérateurs qui ponctuent les ânonnements de la chaîne, dont on ne saurait dire s''il s''agit d''interjections ou de hurlements d''animaux. Le second, c''est la musique, qui semble s''intégrer aux bruits de l''écoulement continu du flux.

Parfois extrêmement bruyante, jusqu''à couvrir le bruit des machines, elle peut également être à peine décelable sur le poste d''un opérateur plus discret1. La musique donne l''impression d''être parfaitement intégrée dans le processus de production, si bien que, dans certains secteurs de l''usine, des visiteurs extérieurs peuvent se demander si elle est diffusée par la direction, comme dans un supermarché ou dans les rues de certaines villes un peu tristes.

Ce sont en fait les opérateurs qui branchent leur poste de radio ou leurs enceintes sur les prises que l''on peut trouver sur les machines qui accompagnent leur travail. La musique est partout sur la chaîne de montage, sur laquelle travaillent plus de sept cents personnes.

D''un poste à l''autre sont diffusées les musiques les plus diverses. Elles se superposent, se mélangent entre elles et avec le bruit des machines. Aucun autre atelier de l''usine ne voit se développer un tel foisonnement musical2. Cette habitude, initiée par les jeunes, semble être peu à peu adoptée par l''ensemble de la population de l''atelier. Les ouvriers plus anciens, ou ceux qui n''auraient a priori pas tendance à écouter de la musique en poste, se mettent eux aussi, comme par un mouvement de contagion, à apporter une radio.

L'usine dans laquelle ces observations ont été réalisées produit des voitures, du rouleau de tôle aux contrôles de sécurité. Cela fait que l'écoulement du flux varie en fonction de la demande, mais ce sont surtout les gestes de travail qui se modifient, selon que la voiture doit comporter telle ou telle option.

Le flux de production est organisé en unités élémentaires de travail UET , équipes d'environ une trentaine de personnes, dirigées par un CU chef d'unité.

J''ai été étonné en constatant l''omniprésence de la musique dans cet atelier où l''on travaille principalement à la chaîne. Quelle est la fonction de la musique dans cette forme archétypale du travail répétitif?

Une réponse possible à cette question nous est proposée par Günther Anders3. Travaillant à la chaîne en Amérique dans les années , il développe une théorie selon laquelle la musique de son époque est un reflet de la civilisation industrielle qui la génère. Si la musique a donc un rapport avec le travail industriel, c''est qu''elle participe de la vaste entreprise de colonisation des corps et des esprits initiée par le monde de la technique.

Les ouvriers écoutant la radio à leur poste de travail ne feraient donc que s''enfoncer encore plus profondément dans le monde de la machine. À l''opposé de cette conception, Karl Büchner a développé dans son ouvrage Arbeit und Rhythmus une théorie approfondie du rapport entre musique et travail4: pour lui, la musique au travail est l''apanage des sociétés non industrialisées.

L''activité productive y est non seulement agrémentée mais aussi coordonnée par la musique, sous la forme de chants de travail. Ainsi, la civilisation industrielle n''a pas l''exclusivité de l''homorythmie entre travail et musique. Selon Büchner, l''industrie moderne rend même ce rapport impossible, dans la mesure où le rythme du travail y est imposé par les cadences de production : le travail à la chaîne se caractériserait donc par une perte d''autonomie rythmique.

Entre ces deux pôles, il est certainement possible de penser un rapport à la musique dans le monde industriel, rapport lui-même industrialisé à travers les différents dispositifs d''écoute qui viennent se brancher sur les machines Benoit Gautier 4.

Les industriels, en fait, se préoccupent peu de l''avenir de l''homme, qu''il soit éloigné de son rapport naturel au travail ou transformé en grille-pain par les efforts conjugués de Henry Ford et Dizzy Gillespie.

Le problème qu''ils se posent, à travers les psychologues du travail, consiste à savoir si la musique favorise ou non la productivité et la paix sociale. On peut imaginer que les ouvriers chantaient ce qui leur passait par la tête.

Mais fredonner pour soi-même une mélodie connue est, on en conviendra, bien différent de l''écouter reproduite avec une exactitude millimétrée par les haut-parleurs d''une chaîne hi-fi5. Les récits varient quant à la période qui a précédé l''arrivée des postes de radio au montage. Certains prétendent qu''il y avait une radio locale, diffusée pour tous. L''arrivée des postes, individualisés, programmés par chacun selon ses goûts, serait alors un énième exemple de la montée de l''individualisme dans l''usine, un individualisme incarné par les jeunes, avec leur désir de progression sociale, tournant le dos aux syndicats et aux anciens mécanismes de solidarité de classe.

Ce qui s''est vraiment passé est certainement insaisissable, et m''accrocher aux quelques récits lacunaires, lapidaires et contradictoires dont je dispose est certainement insuffisant. Une chose cependant est certaine : il a bien fallu qu''un opérateur, le premier, se risque à apporter sur place un poste de radio. À propos de l''arrivée des postes de radio à la chaîne, il y a un point d''accord entre tous : elle a correspondu à une vague d''embauche de jeunes entre et Il ne faut pas cependant voir ici un lien de causalité suffisant pour expliquer notre phénomène.

Il y a certes un lien entre la diffusion des appareils musicaux sur les postes et l''arrivée d''un groupe important de jeunes opérateurs au sein de l''atelier, mais ce lien n''est probablement pas à même d''épuiser notre problématique6. La musique, une affaire de générations? Il n''est certainement pas nécessaire de souligner que la jeunesse de notre siècle, à l''image de celle du siècle dernier, a un rapport particulièrement intense à la musique. La multiplication des supports musicaux, ainsi que celle des outils capables de les lire dans toutes les configurations possibles, va dans le sens d''une intensification de ce rapport.

Les jeunes écoutent beaucoup de musique, partout, tout le temps7. Ils développent même, diront certains, une forme d''allergie au silence. On constate que les jeunes ont tendance à se rendre sourds en poussant au maximum tous les boutons de volume qui leur tombent sous la main. La jeunesse, maladivement excessive dans tout ce qu''elle entreprend, aime et écoute la musique sans modération. Certainement, et il nous faut nous intéresser à la façon dont cette tendance macrosociologique s''incarne dans un lieu aussi spécifique qu''un atelier de montage.

Ils n''en écoutent pas autant, et pas de la même façon. Deux différences importantes ont été soulignées lors des entretiens. Pour avoir un fond sonore. Ils mettent pas fort. Sur chaîne, y a plus de bruit, les jeunes mettent plus fort un jeune opérateur hors chaîne travaillant avec des anciens. On discutait, on rigolait, y avait moins de radios, on avait pas besoin vu qu''on rigolait. On peut facilement interpréter la préférence des anciens pour la radio dans les termes de la théorie de Gilles Lipovetsky sur la musique comme Benoit Gautier 6.

Ce projet a été refusé par le chef de département, lequel redoutait qu''une telle mesure n''entraîne une détérioration importante du climat social. On peut donc faire l''hypothèse que ce n''est pas seulement le fait d''écouter de la musique qui importe aux jeunes, mais le fait d''écouter la musique qu''ils veulent, celle qui leur plaît à eux, et pas à leur voisin. La musique comme affirmation de soi J''en arrive alors à la première interprétation du phénomène de l''écoute de la musique en poste, qui est celle de l''affirmation de soi par l''identité musicale.

La musique n''est pas ici destinée uniquement à celui qui la choisit, mais elle ne vise pas pour autant un partage consenti par tous les auditeurs ; elle est le symbole d''une affirmation forte de soi. En imposant à autrui ses goûts musicaux, on exerce une violence sur lui.

Les goûts et les couleurs ne se discutent pas ; on pourrait dire que, dans ce cas précis, ils s''imposent. C''est l''hypothèse que l''on peut dégager du témoignage d''un des opérateurs interrogés : — On a installé une radio hier pour avoir un fond de musique. On met pas trop fort parce qu''il y a un poste à côté, et de l''autre côté, en Se8, des fois c''est moitié boîte de nuit, moitié Thoiry… Y a un peu de tout, Bruits de chaîne 7.

Quand c''est des musiques à répétition, ça me gêne un peu. Nous, on écoute plutôt de la variété française ou étrangère, j''aime pas trop le rap.

Un autre exemple, sur un mode plus amical : Parfois Ali gueule que le poste en amont est trop fort, et se moque du raï en faisant des youyous et en imitant le vibrato caractéristique de ce type de chant. Plus tard, Ali dit à Stéphanie de suggérer à son camarade mélomane de jeter son poste à la poubelle.

C''est pas bientôt fini cette musique de bougnoules?! Ce qui se joue, c''est bien une lutte entre les auditeurs10, dont certains imposent plus ou moins sciemment aux autres une musique qu''ils ne souhaitent pas entendre ou, tout au moins, qui ne correspond pas à leurs goûts.

Il y a donc une négociation permanente parmi les opérateurs, entre la capacité de tolérance de ceux qui subissent la musique et la capacité de nuisance supposée de ceux qui l''imposent. Ces goûts peuvent exprimer des préférences personnelles, mais aussi des identités de groupe. Parfois, de véritables conflits éclatent, comme le relate un chef d''unité : Par exemple, j''ai eu un conflit au sein de mon unité entre beaucoup de musulmans âgés et des jeunes qui écoutent du rap.

Les vieux mettent leurs prières à fond pendant une heure et quart, et arrêtent les postes des jeunes. Alors je viens, je baisse… On voit ici que, derrière la musique, le type de diffusion agit comme un message identitaire : au-delà de la lutte entre prières et hip-hop se manifestent deux appartenances antagonistes. L''enjeu, c''est l''aménagement par les opérateurs de leur poste de travail au moyen de la diffusion d''un ensemble de signes qui, par leur forme ou leur contenu, engendreront un environnement agréable ou non pour leurs collègues.

C''est s''affirmer, pas seulement face aux autres opérateurs, mais aussi face à la hiérarchie. Dans notre atelier, il semble communément accepté que, en cas de visite de l''usine, la musique devra être baissée, voire complètement éteinte.

Les visites de personnalités importantes sont fréquentes. Il peut s''agir de visiteurs extérieurs, ou tout simplement de supérieurs hiérarchiques. Les jeunes, tout au contraire, semblent afficher un comportement non conforme avec l''aspect policé et consensuel qui doit être celui de la chaîne en cas de visite. Leur musique et leurs habits sont donc comme une protestation à l''encontre de l''uniformité qui devrait faire loi Laisser la radio à fond ou protester contre la baisse imposée du volume en cas de visite est un moyen comme un autre d''embarrasser son supérieur hiérarchique direct.

La première fois que j''ai visité l''usine, accompagné de deux consultants, et alors que nous étions tous trois en costume-cravate, j''ai été frappé par le nombre de postes de radio et j''ai donc observé avec certainement un peu trop d''insistance un fragment de la chaîne d''où provenait de la musique.

Voici ce que j''ai noté après la visite : J''ai également cru voir quelque chose qui confirme que la musique était source de tensions : un ancien a baissé le volume du poste lorsque nous sommes arrivés à son niveau, et les jeunes ont eu l''air de protester assez vivement.

J''ai eu l''impression étrange d''avoir assisté à une petite saynète destinée aux visiteurs. La musique n''est pas dénoncée par la hiérarchie comme frein à la productivité, mais elle est pointée du doigt à travers le prisme du sujet le plus consensuel dans l''usine, celui de la santé. De même, on dira que la musique est une source de fatigue supplémentaire, et donc qu''elle augmente la pénibilité du travail pour les ouvriers. Pour certains cadres, la musique ne semble pas aller dans le sens d''une efficacité maximale de l''opérateur.

Ainsi, un chef d''unité du département Bruits de chaîne 9. Elle s''est imposée jusqu''à être tolérée, jusqu''à être considérée par les opérateurs comme une sorte d''acquis social, obtenu en reconnaissance de la dureté de leur travail.

Pour eux, la musique est une contrepartie qui leur est due, un confort qui leur permet de supporter la pénibilité notoire de leur tâche : S''ils veulent interdire la musique, ça se fera pas, y aura trop de conflits.

Au montage, y a plus de monde, par rapport aux autres départements, ils ont pas d''excuse pour l''interdire. Y a pas de risque. Au montage, ils lâchent un peu la laisse, parce que c''est dur opérateur, montage. Ils savent que le montage c''est dur, donc ils tolèrent la musique. C''est le truc le plus dur opérateur, montage. L''encadrement confirme l''idée que la musique a droit de cité au montage, contre son gré, et que la dureté du travail impose cette concession : Pendant sept heures à faire la même chose, si on leur enlevait ce droit, ils seraient pas contents faisant-fonction monteur, montage.

La direction n''impose rien mais tolère, parce que les jeunes se sentent en prison, sinon chef d''unité, montage. On comprend donc pourquoi la musique fait l''objet d''une certaine tolérance de la part de l''encadrement, bien qu''elle ne corresponde pas à son idéal de concentration, de sobriété et d''uniformité.

TÉLÉCHARGER LES OGRES DE BARBACK RUE DU TEMPS GRATUIT

:: RaiRap :: Yassine Rami :: Sans LimiteS :: Rap Maroc1 :: www.rairap.com

.

TÉLÉCHARGER VIJEO DESIGNER 6.1 GRATUIT GRATUIT

Intro-Five

.

TÉLÉCHARGER LA RAFLE SUR UTORRENT GRATUIT

Rai-Rap-Maroco

.

Similaire